Vives: Exposition #1, saison 5
Curation de l'exposition : Éléonore Levai Belaga
Galerie La La Lande, 56 rue Quincampoix, 75004 Paris
L’exposition Vives invite à franchir le seuil d’un monde en suspens, où la perception vacille et le paysage devient tactile. Ici, cinq artistes explorent la lisière entre les profondeurs de la mémoire et la pulsation brute de la matière. Ce parcours est une traversée viscérale dans une géographie sensible. De la matrescence aux mues successives de l'existence, les œuvres présentées témoignent de nos transformations intérieures. C’est un dialogue entre le microcosme de l’intime et l’écosystème des phénomènes naturels : un environnement sauvage où tout est flux et instabilité.
Dans le travail d’Agnès Decourchelle, l’horizon devient vibration. Ses compositions fixent des instants de bascule. L’œil navigue entre contemplation et souvenir, cherchant un point d'ancrage dans les ondes colorées. À cette approche atmosphérique répond l'expressivité de Margaux Henry Thieullent. La nervosité de son trait y structure les toiles. Par sa gestuelle directe, presque impatiente, ses œuvres capturent une féminité complexe, qui refuse de s’excuser. Cette recherche de mouvement se prolonge avec Lola Merciel, dont le travail superpose les strates. Ses interventions agissent comme des indices biologiques. Aux spectateur·ice·s de mener l’enquête de leurs origines. En dialogue avec ces explorations organiques, Eve Campestrini imprègne ses photographies de magnétisme, rendant grâce au vivant et à ce qui l’entoure avec une aura de mystère. Apprivoisant la lumière et les textures, elle révèle ce qui échappe au regard. Joséphine Vallé Franceschi, quant à elle, sublime l'instant fugace. De la réminiscence de ses voyages, proches ou lointains, reste une empreinte. Indélébile, et irrésistiblement solaire.
Les visiteur·euse·s sont convié·e·s à une contemplation active. Devant la couleur qui fusionne et se diffuse, un trouble sensoriel s’installe. Est-ce une rêverie ou le basculement d’un réel que l’on croyait connaître ? Les médiums se mêlent pour traduire un sentiment océanique — cette impression d’être à la fois goutte et immensité, organique et fluide. Vives est une immersion dans le surnaturel du quotidien, une célébration de l’élan perpétuel et de la puissance de ce qui, en nous et hors de nous, refuse de s’immobiliser.