Vibrant matter: Exposition #8, saison 5
Saison 5 exhibition
Présentation
Curation de l'exposition : Camille Merklen
Vie Projects, 55 boulevard Beaumarchais, 75003 Paris
Nous avons longtemps opposé la matière et la vie : d’un côté ce qui serait muet, inerte, disponible ; de l’autre, nous — capables d’agir, de penser, de donner forme. Dans l’intimité de l’atelier, les cinq artistes de Vibrant Matter défont jour après jour ce partage et rendent audible la voix des choses. Leur posture est humble : loin de l’image de l’artiste créateur-souverain, elles préfèrent le dialogue avec la matière plutôt que de lui forcer la main. N’est-ce pas là que se niche la magie ? Lorsque tout ne se passe pas comme prévu, lorsque la matière se rebiffe, qu’elle prend un chemin inattendu ?
Chez Solène Kerlo, Janique Bourget, Viviane Sagnier, Morgane Porcheron et Pazanne Le Cour Grandmaison, la matière n'est jamais un simple support. Elle agit, résiste, absorbe, conserve, transforme. Elle impose son rythme, ses accidents, ses tensions, ses fragilités. Les artistes l'approchent avec attention : elles frottent, enroulent, sertissent, coulent, recueillent, répètent. Leurs mains pensantes jouent avec la matière vivante sans jamais chercher à la dominer complètement.
Pour Solène Kerlo, la matière est relique
La cire d’abeille, l'ocre, le laiton portent en eux des millénaires de sacré que la main grave et réveille. Dans ses œuvres, la matière est mouvement : elle se transmute, passe d'un état à un autre. Elle est chargée d’un temps profond, comme si elle conservait des récits enfouis et secrets.
La cire d’abeille, l'ocre, le laiton portent en eux des millénaires de sacré que la main grave et réveille. Dans ses œuvres, la matière est mouvement : elle se transmute, passe d'un état à un autre. Elle est chargée d’un temps profond, comme si elle conservait des récits enfouis et secrets.
Pour Viviane Sagnier, la matière est mémoire
Le fil enroulé devient racine, la céramique capture le négatif d'un objet intime disparu. Chez elle, les formes accueillent des souvenirs sans les figer, dans un équilibre subtil entre geste répétitif, douceur tactile et persistance des absences.
Le fil enroulé devient racine, la céramique capture le négatif d'un objet intime disparu. Chez elle, les formes accueillent des souvenirs sans les figer, dans un équilibre subtil entre geste répétitif, douceur tactile et persistance des absences.
Pour Morgane Porcheron, la matière est territoire
Le lichen et le plâtre disent ce qui résiste quand presque tout a disparu. Par l’observation patiente, le frottage ou l’empreinte, elle révèle des présences discrètes et les relations silencieuses entre végétation spontanée, histoire des lieux et milieu construit.
Le lichen et le plâtre disent ce qui résiste quand presque tout a disparu. Par l’observation patiente, le frottage ou l’empreinte, elle révèle des présences discrètes et les relations silencieuses entre végétation spontanée, histoire des lieux et milieu construit.
Pour Pazanne Le Cour Grandmaison, la matière est refuge
La lumière filtre à travers les glacis, le paravent fragmente l’espace, les tons ocres et miel vibrent depuis l'intérieur de la toile. En revenant inlassablement sur le même motif, elle créé des espaces d’apaisement qui résistent doucement au bruit du monde.
La lumière filtre à travers les glacis, le paravent fragmente l’espace, les tons ocres et miel vibrent depuis l'intérieur de la toile. En revenant inlassablement sur le même motif, elle créé des espaces d’apaisement qui résistent doucement au bruit du monde.
Pour Janique Bourget, la matière est souffle
Le papier se déploie en formes organiques, le verre s'ouvre, le laiton enlace. Ses œuvres donnent corps à ce qu'on ne voit pas : le vent, le vide, les forces invisibles qui traversent les choses et les animent. La matière dialogue avec ce qu’il y a en creux, son absence.
Le papier se déploie en formes organiques, le verre s'ouvre, le laiton enlace. Ses œuvres donnent corps à ce qu'on ne voit pas : le vent, le vide, les forces invisibles qui traversent les choses et les animent. La matière dialogue avec ce qu’il y a en creux, son absence.
Reconnaître la vitalité de la matière est un choix éthique et un geste politique. Ce qu'on perçoit comme vivant, on en prend soin. En lui rendant sa présence et son pouvoir d'agir, elles déplacent la frontière entre ce qui compte et ce qui ne compte pas. Leurs œuvres prennent acte d'une interdépendance fondamentale : on ne façonne jamais seul. Toute forme est relation et la matière vit avec nous.